HISTOIRE ET RACINES
RETOUR
DEPUIS
quelques années,de nombreux citadins sont venus
s'installer à Belgentier. Cet engouement est sûrement
dû à la qualité de vie et à la quiétude de ce
village typique. Mais ces Belgentiérois
d'adoption, ainsi que les Belgentiérois de souche
connaissent-ils vraiment l' histoire de leur village.
Faisons donc un retour dans le passé à la recherche des
origines et du développement de notre village au cours
des siècles.
ARMES : De gueules à une belette passante d'argent .
TOPONYME : Belgentier, les Belgentiérois, Belcenceig,
Belgenciagus, 1066 Beljecer,1113 Beaugency, De Bel et
Gens on tire Beau Gentilhomme.
Nom d'un homme probablement gaulois Belgentius.
Aprés l'expulsion des Sarrasins de la région du Freinet
en 973, les vicomtes de Marseille reçoivent des comtes
de Provence, sans doute en récompense des services
rendus, un immense domaine dont Belgentier fait partie.
Mais cette famille comble de donations l'Abbaye de
Saint-Victor qui illustre leur ville.
En 1044, l'un des leurs, Fouque offre la moitié de
Belgentier,en 1088, un autre Pierre apporte la deuxième
moitié.
L'existence de ce village est au cours des siècles très
paisible. Deux événements heureux et un autre fort
triste sont seulement à signaler. Le 1er décembre 1580,
nait Nicolas-Claude Fabri de Peiresc qui va devenir le
mécène de son époque; le procureur général de
littérature Selon Bayle, très riche en effet il est
l'ami et le protecteur de ses pairs les meilleurs
érudits de France. Il s'intéresse à tout : l'Histoire
de la Provence, la généalogie des familles nobles, les
monuments et inscriptions antiques, les fossiles, la
géologie, les phénomènes volcaniques et constitue de
très importantes collections de médailles, d'objets
d'art, de manuscrits, de pierres, d'insectes.Lorsqu'il
meurt, en 1637, le monde lettré de toute l'Europe prend
le deuil et la reconnaissance des savants s'exprime en
quarante longues différentes.On dit que c'est lui qui
plante le premier oignon de tubéreuseet qui importe le
néflier en 1632. Le roi Louis XIV, se rendant en
pèlerinage à Notre Dame de-Grace à Cotignac, couche à
Belgentier le 29 février 1660.
Le 8 septembre 1651, une crue subite du Gapeau enlève et
noie 21 hommes, 8 femmes et 15 enfants. Belgentier compte
environ 220 habitants au début du XlV° siècle, 65 en
1471, 942 en 1765 et 1116 en1851.
De longue date, la fabrication du papier est florissante.
Une enquête de 1728 signale l'existence de cinq moulins
à papier (à côté d'un moulin à huile) et un moulin
de farine. A ce moment, Belgentier s'estime à portée du
débit de ses denrées, n'étant éloignée que de trois
heures de Hyères et de Toulon.
Le préfet Fouchet, en 1805, souligne l'importance de
cette commune. L'huile, le blé et le vin sont les
principales productions de son territoire montueux.
Des tanneries, des poteries,des papeteries, des fabriques
de savon et de draps occupent ces industrieux habitants.
En 1892, fonctionnent deux établissements produisant du
papier (32 ouvriers et ouvrières dont 8enfants) un
travaillant le cuir, 18 personnes et 2 meuneries 8
ouvriers. . .
Un peu avant1914, on note encore la présence d'une
importante tannerie, de deux papeteries (employant 26
personnes et produisant 300 kilos par jour) des
carriéres de pierres de taille.Eglise Saint-benoit et
Saint-Barthelemy, construites au XVII. siècle, Château
du XVl. siècle.
Belgentier compte actuellement 1365 habitants.
Vendredi 30
JUILLET 1993
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SI LA CHATREUSE M'ETAIT CONTEE
RETOUR
Le village de Belgentier et la chartreuse de Montrieux
ont tissé des liens indissolubles, résultat de
plusieurs siècles d'histoire commune. Les Belgentiérois
ont un sentiment affectif pour la chartreuse qui ont fait
pour le développement de la communauté à travers les
âges. Nous allons découvrir dans une série d'articles,
leur passé.
VERS la fin du Xe siècle,Guillaume de Provence décide
d'en finir avec la présence sarrasine en Provence.
Les Sarrasins sont définitivement vaincus en 973, lors
de la prise de leur réduit fortifié dit < Le
Fraxinet >, dans le voisinage de l'actuel village de
La Garde-Freinet.
En récompense pour ses services, le vicomte de Provence,
Guillaume, fils d'Arlulfe ou Arnulfe, reçoit un immense
domaine dont la région de Solliès et plus
particulièrement Belgentier.
Son fils Fouque fait don, en 1044, de la moitié de
Baumette (nom ancien de Belgentier) et du territoire de
Montrieux, à l'abbaye Saint-Victor de Marseille.
C'est à peu prés à la même époque que l'ordre des
bénédictins fonde une maison religieuse au lieu dit
"Montrieux le Vieux " , sur la terre de Pierre
de Saumade, neveu du vicomte de Marseille,Fouque.
Les évêques Raymond1, de Marseille et Guillaume II, de
Toulon, qui étaient les protecteurs spirituels et
féodaux de la maison de Montrieux, située à la
frontière de leur diocèse respectif, résolurent, en
1117, pour faire refleurir les venus monastiques sur ce
coin de la Provence, de remplacer les bénédictins par
les chartreux.
Le couvent des chartreux de Montrieux fut le premier que
ces religieux établirent en Provence. Les chartreux
furent d'excellent verriers et c'est eux qui importèrent
ce savoir-faire en Provence.
En 1285, ils recevaient de l'évêque de Marseille
l'autorisation de fabriquer du verre dans la forêt
d'orvès. Le domaine de la verrerie, situé entre
Méounes et Belgentier, est sans doute le lieu où
s'élevait l'usine à verre.
Ainsi, grâce aux chartreux, les habitants de Signes,
Méounes et Belgentier se servirent de bonne heure de
vases en verre alors que partout ailleurs on ne
rencontrait que l'usage d'une poterie grossière, peu
différente de celle des temps néolithiques.Les
chartreux apportèrent beaucoup aux Belgentiérois.Nous
le découvrirons dans un prochain article.
L.F.
7 decembre
1993
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UNE PAGE D'HISTOIRE
RETOUR
Entre 1597 et 1614, guerres de religion et dettes
communautaires ruinent le terroir
avant la paix.
LES
guerres de religion de la seconde partie du XVle siècle
ruinèrent le pays, Solliés assiégé et pris à
différentes reprises et dont le terroir fut souvent
dévasté, n'échappa pas à cette désolation. Un
délibérateur de la communauté en date du 18 mai 1597,
témoigne dans sa brièveté de cette misère : La
misère est extrême dans le pays. La plupart des
pauvres, défaillent et plusieurs meurent. La misère
dans un pays dont ont sait la fertilité dans cette
région dont nous avons dit la richesse « II a fallu que
ces guerres aient fait bien du mal pour que Solliès en
soit arrivé là ! En 1598, les habitants du Pont
(Solliès-Pont) réparèrent leur chapelle de
Saint-Victor mais le prieur ne voulut pas qu'on y
administre les sacrements et les personnes seules qui ne
pouvaient monter à la ville haute(Solliès-Ville)
pourraient y entendre la messe unique qui y était
célébrée.En 1600, le conseil municipal aloue 5.000
livres pour la réparation de l'église. Le prieur
s'engage à réédifier l'église paroissiale en donnant
le tiers de ses revenus annuels. Il paraît, par
plusieurs délibérations du conseil, qu'à cette époque
l'église était en très mauvais état. Vingt-sept écus
pour prix fait du rabillement de l'église paroissiale
furent payés à Honoré Aurange, maçon. En cette même
année, les dettes de la communauté étaient de cent
mille écus. Un arrêt du Parlement avait ordonné aux
communautés de se libérer dans un délai de quatre ans.
On fut obligé de recourir au moyen extrême de répartir
les dettes sut les particuliers en proportion de leurs
biens. Chaque quartier devait payer 5.000 écus, on dut
saisir les meubles, les fruits et faire vendre les
maisons de beaucoup. Jamais commune ne fut réduite à
une telle extrémité et cependant le seigneur réclamait
encore des droits de passage et d'arrérage.La
communauté impuissante à soutenir un procès l'adressa
à Mme Jeanne de Vins, femme dePalaméde de Forbin et
grâce à sa bienveillante intervention une transaction
fut signée le 17 décembre l600. La paix dura quelques
années. Le pays s'était entiérement soumis à Henri IV
et la Provence semblait revivre. Louis de CrilIon, le
compagnon d'arme d'Henri IV, fut nommé gourverneur de
Toulon en 1601 ; il ne vint qu'une fois et fut remplacé
par le fils de Palamède Il, Gaspard de
Forbin-Saint-Cannat, le 24 février 1614. La communauté
remit de l'ordre dans ses affaires et se créa de bonnes
relations par des cadeaux. En 1607, mention d'une
dépense de dix écus pour achat et transport d'un
sanglier offert à Forbin Saint-Cannat. En 1607, dépense
de six livres pour don d'une biche au prieur de Pignans
(frère du seigneur),«à l'occasion de sa première
messe>. En 1614, présent d'un sanglier et de chapons
pour un total de 46 livres au seigneur, à l'occasion du
mariage de sa fille
L.F.
28 octobre 1992
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| SI SOLLIES M'ETAIT CONTE de 1619 à 1640,
procès entre bourgades et ravages de la peste
RETOUR
EN 1619, les procès
recommencèrent, le bourg du " Pont "
(Solliès-Pont), demanda un banc de boucherie
et l'érection de leur chapelle en paroisse. C'est la
plaine qui gagna le procès, mais la ville
haute(Solliés-Ville) ne pardonna pas au seigneur d'avoir
favorisé les habitants du Pont.
Il fallut prés de dix ans pour calmer les habitants de
Solliés-Ville (on commençait à appeler ainsi la Ville
Haute.) Auguste de Forbin, évêque de Toulon et frère
du seigneur, vint passer quelques jours à Solliés
et négocia la paix. Les notables, le 11 mai 1628,
consentirent à aller chez le seigneur présenter leurs
hommages à l'évêque, et apporter des présents. Les
consuls lui porteront un présent « jusqu'à la valeur
de 40 livres .
En 1622, le conseil demande que le prieur contribue pour
1500 livres pour le rachat des cloches. M. Gaspard de
Forbin successeur au prieuré de Pierre Teissier, refuse
d'employer le tiers de ses revenus aux réparations de
l'église mais le parlement l'y condamne. Le 1er avril
1631, le testament de Gaspart de Forbin est reçu par M.
Dudier, notaire à Toulon. Il recommande à son fils de
résister aux empiétements des habitants dont l'objet
constant est de diminuer l'importance de la seigneurie de
Solliés et en même temps il lui conseille de les
traiter avec bienveillance. Gaspard donna l'exemple et se
rapprocha de ses vassaux.
Quand il mourrut, en 1633, toute la communauté assiste
à ses funérailles. Par reconnaissance pour cette
manifestation, par déférence aux conseils de son père.
Bernard de Forbin vécut au mieux avec la communauté et
lui rendit même des services. On lui sut un gré infini
et de ce jour les cadeaux et les compliments
remplacèrent les procès. Le motif de ces cadeaux est
indiqué : c'est l'exemption de logement des troupes.
Elles se conduisaient comme dans un pays conquis. Bernard
de Forbin était très influent, il se servait de ses
vastes relations pour faire du bien au pays, aussi sa
mort fut un deuil général, ses funérailles furent
célébrées en grandespompes.
LA PESTE UN TERRIBLE FLEAU
On avait pourtant pris des précautions, les portes
étaient fermées, on montait la garde à la ville haute
(Solliés-Ville) et au bourg du Pont (Solliés-Pont) et
au mois de juillet 1640, le bourg étant envahi par la
peste, les habitants de la ville haute sont autorisés à
faire moudre le blé au moulin des Mauniers.
Mais la peste les envahit néanmoins. Pour éviter la
famine, le conseil règle la distribution du pain ; les
pauvres reçurent du pain blanc à crédit et le sel
gratuitement. La peste dura plus de trois mois, la
plupart des habitants s'en allèrent au bois de
Morriéres. Au mois de septembre, le fléau avait
disparu, les dépenses
furent considérables, frais de médecin, médicaments,
nourriture des pauvres, indemnité aux
habitants, salaire des fossoyeurs appelés corbeaux.
L.F.
31 janvier
1994
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| SUR LES CHEMINS DE L'HISTOIRE
RETOUR
Le 1er décembre 1580 a lieu la naissance de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc
à Belgentier,
dans la maison de campagne où sa famille s'est
réfugiée pour fuir la peste qui sévit a Aix.
Il est le fils aîné de Reynaud Fabri, seigneur de
Callas, et de Marguerite Bompar. Sa famille est d'origine
Pisane mais fixée en Provence depuis de nombreuses
générations. Peiresc est un des plus grands
mécènes de son époque, on peut le qualifier de savant
humaniste.
En effet, il s'intéresse à l'archéologie, c'est un
naturaliste, un numismate et il conserve une Trés
importante collection de médailles, d'objets d'art, de
manuscrits, de pierres et d'insectes-II s'éteint le 24
juin 1637, regretté des plus grands de son époque.
Le 8 septembre 1651 est une date funeste pour le village
de Belgerttier. En effet, ce 8 septembre, une brusque
inondation dévaste toute la vallée du Gapeau. Les
archives ne mentionnent pas ce qui a provoqué ce
désastre mais on pense à une trombe d'eau qui s'abattit
subitement sur la région.Le bilan est éloquent, les
registres paroissiaux belgentiérois mentionnent que 44
personnes (21 hommes, dont 3 soldats du duc de Vendôme,
8 femmes et 15 enfants) furent noyés.
En l660, le roi Louis XIV vint passer une nuit à
Belgentier. Il avait d'abord parcouru plusieurs région
du Midi, passa par Aix, visita la Sainte-Beaume et
séjouma douze jours à Toulon.Il était accompagné de
la
reine-mére, de son frère le duc d'Anjou, de
Madernoiselle, fille aînée de Gaston d'orléans, de
Mazarin et des célèbres mousquetaires commandés par
les non moins célèbres Comminges et D'Artagnan.
Le roi et sa suite quittèrent Toulon et vinrent passer
la nuit du 19 février à Belgentier. Le lendemain, le
roi assista à la messe, il mit à l'offrande 5 louis
d'or valant 55 livres, puis la troupe s'en alla à
Cotignac en
vue d'accomplir le pèlerinage que la mère du jeune
monarque avait promis de faire à Notre~Dame de Grâces.
-
Dans un prochain article, nous verrons comment les
Belgentiérois furent sauvés des soldats du duc de
Savoie par les moines de la chartreuse de Montrieux.
L F,
30 octobre
1993
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UNE PIERRE DE 1.000 ANS
RETOUR
EN 1937, des villageois belgentierois firent une bien
curieuse découverte,dans une écurie appartenant à
M. Désiré Sourd. En effet, ils découvrirent une pierre
de taille imposante qui semblait rongée
par les ans.
Cette pierre avait été travaillée mais on
s'interrogeait dans quel but. Les habitants lui
trouvèrent
une utilisation, puisqu'elle servit de base à la
reconstitution de la grotte de Lourdes qui fut consa-
crée à Notre Dame de l'assomption.
De nos jours l'ancienne écurie a cédé la place à une
chocolaterie spécialisée dans les choco-
lats fins, mais ce que l'on sait moins c'est que ce
bâtiment fut la première chapelle de Belgen-
tier fondée par l'abbaye Saint-Victor de Marseille vers
le Xe siècle.
La vieille pierre trouvée dans l'ancienne chapelle est
surement la pierre d'autel de cette époque,
ainsi que le fruit du hasard ce vestige du passé a
retrouvé sa place dans l'actuelle église.
LF.
16 novembre
1993 |
RACONTE MOI L'EGLISE
Construite en 1616, notre-dame de l'Assomption est
inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments
historiques.
RETOURL'EGLISE de Belgentier se nomme
Notre-Dame de l'Assomption. Elle a été construite en
1616; l'éperon gravé dans la pierre sur le fronton
commémore le jour de son inauguration.(Nous vous avons
compté l'his.
torique dans un précédent article.
Notre-Dame de l'Assomption est inscrite à l'inventaire
supplémentaire des monuments historiques
Elle se compose d'une nef centrale à cinq travées
marquées par des doubleaux et de deux bas-côtés
voûtés d'arêtes. Le choeur, à pans coupés, est
surmonté d'une remarquable coupole typique de la
renaissance
italienne couverte en tuiles écaille. Le clocher carré
est coiffé d'un campanile en fer forgé du XVl11°
Siécle.
L'église de Belgentier abrite un riche mobilier
provenant de la Chartreuse de Montrieux. Voici
les faits : En 1792 , la révolution décrétait
l'abolition de tous les ordres monastiques. Il y avait
alors à
Montrieux 13 pères et 7frères qui durent se disperser.
Pendant les jours de la terreur, Dom Bonaventure Froment,
vicaire de la communauté, fut arrêté à Nîmes par les
terroristes dans l'accomplissement de ses fonctions
religieuses, et guillotiné le lendemain de Pâques 1794.
Dom Xavier Genot, prieur, put encore
exercer son ministère religieux, en dehors du couvent,
en se déguisant en berger.
Les biens de la Chartreuse furent mis en vente en 1792.
Après la dispersion des moines, la population des
environs se livra à un véritable pillage du couvent et
des forets voisines. Un certainnombre d'objet d'art et du
culte furent dispersées .
On donna à l'église de Belgentier : deux tableaux de
l'église du couvent, qui étaient placés dans le choeur
des frères, a savoir : Saint Bruno représenté à
genou, les bras en croix comme en extase, ayant à ses
pieds la mitre et la crosse et Sainte Roseline, la
cuculle remplie de roses et entourée de plusieurs anges.
L'église de Belgentier récupéra aussi une chaire à
prêcher, et sept stalles du choeur.La chaire était
placée, croit-on, dans le réfectoire des pères, à
l'usage du lecteur ; elle est l'oeuvre de Reboul, artiste
menuisier de Marseille au XVllle siècle >.
Un grand crucifix, qui était également placé dans le
réfectoire des pères est aussi à notre-dame.
29 novembre
1993
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LE TRIOMPHE DE LA CROIX
RETOUR
DEVANT la coopérative agricole belgentiéroise se trouve
une grande croix de fer et de fonte plus
communément appelée < Sainte-Croix >. Ce monument
religieux renferme son histoire. En effet, lors de
son édification, un parchemin relatant son installation
a été roulé dans un tube de métal et enfermé dans la
maçonnerie du piedestal.
Voici le texte intégral de ce message exécuté par le
conseil de < fabrique de la paroisse > .
L'an de grâce mil huit-cent cinquante-huit, le quatorze
novembre, jour de la dédicace de toutes les églises,
Pie IX, pape glorieusement régnant. Les habitants de la
paroisse de Belgentier voulant perpétuer
au milieu d'eux le souvenir de la mission prêchée par
les R.R.P.P. Teissier, Chalvet et Rocipon, missionnaires
de la société de Marie, ont demandé unanimement
l'érection de cette croix dans le quartier dit de
Sainte-Croix.
Déjà, après la mission de 1821, prêchée par l'abbé
Dublieu, missionnaire de Provence, avait été érigée,
au même lieu et sur le même piedestal, une croix en
bois avec Christ à l'église, où il décore l'autel dit
de Sainte-Croix.
L'occasion de la mission de 1858 était trop belle pour
ne pas en profiter pour remplacer l'ancienne croix par
une nouvelle, plus solide et plus durable. Une
souscription a donc été ouverte et recueillie à
domicile par les soins de MM. Graille, curé, Julien,
président de la Fabrique, Monnier, adjoint, et des R-R.,
P.P.Teissier et Chalvet missionnaires. . Partout ils ont
trouvé l'accueil plus bienveillant, comme aussi
l'empressement le plus généreux.
Le 14 novembre 185B, fête de la dédicace de toutes les
églises, jour de la clôture de la Mission,au milieu des
chants d'allégresse, des airs joyeux de la musique
instrumentale et d'un nombre considérable d'étrangers
accourus des paroisses Environnantes, cette croix portée
en triomphe par les hommes de la
paroisse a été érigée solennellement et saluée trois
fois avec un enthousiasme unanime par les
cris de : <Vive Jésus ! Vive sa croix... ! >
En foi de quoi, et, pour en perpétuer la mémoire ont
signé : Antoine-Joseph-Henry Jordany, évêque du
diocèse de Fréjus et de Toulon ; Graille
Jean-Baptiste-Joseph, curé de la paroisse de Belgentier
; Arnaud, maire de Belgentier ; Monnier, adjoint au maire
; Julien, président- du conseil de Fabrique ; Barbaroux,
tré-
sorier; Sumien, Barthélemy, Fautrier, Fabriciens. Pour
copie conforme : J.-B. Graille, curé.
(l) II s'agissait d'un conseil chargé d'administrer la
paroisse afin de laisser au prêtre les seu-
les occupations spirituelles.
Lundi 8
novembre 1993
|
| SI SOLLIES M'ETAIT CONTE.(SUITE)
RETOUR
EN février1385, les habitants de Solliés profitérent
des troubles qui suivirent la mort de la reine Jeanne
pour augmenter leurs franchise et libertés. La reine
Marie, mère et tutrice de Louis Il, non seulement ne
punit pas les villageois qui refusaient de payer les
taxes, mais elle leur accorda l ,droit d'élire
librement et impuni (libéré et impuni) deux syndics et
deux conseillers sous la condition de
s'assembler en présence et avec l'autorisation du Bailli
royal. Elle leur accorda de plus une
foire annuelle et un marché hebdomadaire et défendit
aux officiers de la viguerie d'Hyéres de vexer les
habitants de Solliés sous prétexte de réparations aux
chemins.
La reine Marie vendit tous ses droits sur Solliés le 27
mars 1394 à Jean Gonsalve de Morance,gouverneur
militaire de Toulon, au prix de six mille florins.
Gonsalve de Morance se fit représenter par un bailli.
Les chevaliers avaient un représentant et la viguerie
d'Hyéres pouvait envoyer des officiers.
Les habitants n'obérient à personne, Gonsalve fatigué
se dessaisit des trois quarts de la seigneurie en faveur
du conte de Provence.
Le bourg fut réuni au domaine royal, ce fut un grand
bonheur pour la population d'être soustraite aux
vexations des officiers du seigneur. Ce bonheur fut de
courte durée, le roi céda le domaine,à Louis de
Beauvau, fils du grand sénéchal de Provence. C'est la
consternation, on envoie des députés à Aix, mais les
juges subissent des pressions. Louis de Beauvau, devenu
grand senéchal de Provence, oblige les villageois à
obéir mais après lui, Jean de Beauvau, son frère,
fatigué de leur résistance, vendit ses droits sur
Solliés à Palaméde de Forbin, président de la cour
des comptes à Aix .Palaméde Forbin, dit le grand,
acquiert la seigneurie de Solliés ainsi que divers biens
appartenant à Jean de Beauvau pour la somme de treize
mille florins. Palaméde Forbin fait son entrée dans son
castrum de Solliés, le 20 avril 1469.Après la mort du
roi René le 10 juillet 1480 et celle de son neveu
Charles d'Avignon, le 11 décembre 1487, les trois
états, réu-
nis à Aix, déclarent confirmer, ratifier et homologuer
l'union des comtés de Provence et Forcalqueiret à la
couronne de France. Palaméde, qui avait négocié cette
réunion, fut nommé gouverneur de la Provence par
Louis Xl puis disgracié en 1483. Palaméde Forbin mourut
en 1508 à l'âge de 78 ans (M. Octave Tessier fait
succéder François à Palaméde, l'arbre généalogique
conservé à la maison curiale met entre les deux Louis
Forbin décédé à Lyon en 1521) ;dans son testament,
celui-ci demandait à sa femme et son fils de faire
porter corps <quand bon semblera > à Solliés,
pour y être inhumé dans la principale église.
François Forbin, fils de Palamède, lui succède.
François Forbin eut de nombreux procès avec la
communauté : opposition du seigneur à la construction
d'un chemin àpartir des < Launes > vers le vallon
de < la font de la val >, construction de moulins
à huile, acquittement des tailles.
Les consuls de Solliés lui offrent 11.500 florins
provinciaux, soit 3.000 écus d'or sol, en échange des
terres gastes et des moulins. François Forbin mourut
dans sa 73° année, en 1572, dans la maison seigneurale
du bourg du Pont (Solliés-Pont).
En 1536, Charles Quint envahit la Provence, déjà en
1524, le connétoble de Bourbon au service de l'Espagne,
avait ravagé le Var et pillé de nombreuses localités
dont Solliés. Lors de cette deuxième invasion, Solliés
résista héroïquement mais fut vaincu par le nombre des
soldats ennemis.
Le deuxième événement est plus heureux puisqu'il
s'agit du passage à Solliés de Catherine de Médicis
alors régente et de son fils Charles IX. LF.
19
septembre 1993
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| LE MYSTERE DE L'EPERON
RETOUR
L'actuelle église de Belgentier fut construite en 1616.
Les fidèles de l'époque étaient très
pieux, et lors de son inauguration personne ne voulait
mettre les pieds les premiers à l'intérieur de
l'église.
Le problème qui semblait insoluble fut résolu par un
gentilhomme, qui pénétra à cheval à l'intérieur de
l'église, sans fouler le sol de ses pieds. C'est ainsi
que les villageois rassurés le suivirent pour célébrer
la première messe de leur nouvelle équipe.
Pour commémorer cet événement, un éperon fut gravé
sur une pierre ; de nos jours, nous pouvons admirer cette
oeuvre au-dessus de la porte d'entrée de l'église et
dont la signification en a intriguée plus d'un.
Voilà maintenant le mystère
résolu.
L.F.
7 novembre 1993
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